Réglementation

Impayé de loyer : la procédure et les vrais délais, étape par étape

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Depuis la loi du 27 juillet 2023, la procédure d'impayé de loyer a été accélérée : la clause résolutoire du bail est désormais acquise six semaines après un commandement de payer resté infructueux (contre deux mois auparavant), et le délai de notification au préfet avant l'audience est passé à six semaines. Voici la chronologie complète, du premier loyer manqué à la récupération du logement, avec les délais réels à chaque étape.

À retenir

  • Réagir dès le premier impayé : relance amiable immédiate, puis mise en demeure — chaque semaine perdue s'ajoute à une procédure déjà longue.
  • Le commandement de payer, délivré par commissaire de justice, ouvre un délai de 6 semaines au locataire pour régler (article 24 de la loi du 6 juillet 1989, modifié par la loi du 27 juillet 2023).
  • La trêve hivernale suspend les expulsions du 1er novembre au 31 mars, mais pas la procédure elle-même : les audiences et jugements continuent.
  • L'action en recouvrement des loyers se prescrit par 3 ans (article 7-1 de la loi de 1989).
  • Une garantie loyers impayés (GLI) souscrite en amont prend en charge les loyers ET les frais de procédure — elle ne peut pas être souscrite une fois l'impayé survenu.

La chronologie d'un impayé, avec les délais réels

Le tableau suivant récapitule le déroulé type d'une procédure pour un bail d'habitation contenant une clause résolutoire (le cas de la quasi-totalité des baux actuels).

Procédure d'impayé : étapes et délais indicatifs
ÉtapeDélaiBase légale / acteur
Relance amiable puis mise en demeureDès le 1er impayéBailleur ou gestionnaire
Commandement de payerSi échec de l'amiableCommissaire de justice (art. 24, loi du 6 juillet 1989)
Délai de régularisation du locataire6 semainesLoi du 27 juillet 2023 (au lieu de 2 mois avant)
Assignation en justice + notification au préfet6 semaines minimum avant l'audienceArt. 24 III, loi de 1989
Audience et jugementSelon le tribunal (souvent plusieurs mois)Juge des contentieux de la protection
Délais de paiement éventuels accordés au locataireJusqu'à 3 ansArt. 24 V, loi de 1989
Commandement de quitter les lieux2 mois avant expulsion possibleArt. L412-1 CPCE
Trêve hivernale (suspension des expulsions)1er novembre → 31 marsArt. L412-6 CPCE
Durées légales en vigueur au 30 juillet 2026. La durée totale constatée d'une procédure complète va couramment de 12 à 24 mois selon les juridictions et la période de l'année.

Les erreurs qui coûtent des mois

La première erreur est d'attendre : un bailleur qui laisse passer trois mois « pour voir » a offert un trimestre de dette supplémentaire et retardé d'autant chaque étape suivante. La seconde est de tenter de se faire justice soi-même — changer la serrure, couper l'eau ou faire pression constitue un délit pénalement sanctionné, quelle que soit la dette. La troisième est le vice de procédure : un commandement de payer mal rédigé ou une assignation non notifiée au préfet dans les délais fait repartir la procédure en arrière.

C'est précisément le scénario contre lequel un administrateur de biens protège : détection au jour près (le loyer est encaissé sur nos comptes), relance immédiate et cadrée, puis pilotage de la procédure avec des commissaires de justice et avocats rodés à ces dossiers. Et en amont, la sélection rigoureuse du locataire reste la meilleure des protections : l'essentiel des impayés se joue au moment du choix du dossier.

La GLI change complètement l'équation

Avec une garantie loyers impayés souscrite dès la mise en location, le scénario ci-dessus change de nature : l'assureur indemnise les loyers dès le déclenchement du sinistre et prend en charge les frais de contentieux (commissaire de justice, avocat, procédure). Le bailleur perçoit ses revenus pendant que la procédure suit son cours. Chez AD Gestion, la GLI est proposée à 2,7 % TTC des sommes encaissées — à mettre en regard des 12 à 24 mois de loyers qu'un impayé non garanti peut coûter.

Un point essentiel que beaucoup de bailleurs découvrent trop tard : la GLI s'anticipe. Elle couvre les locataires entrants (dont le dossier est validé aux critères de l'assureur) ou en place à jour de paiement — jamais un impayé déjà constitué.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour expulser un locataire qui ne paie pas ?

Couramment 12 à 24 mois entre le premier impayé et la libération effective du logement : 6 semaines de délai après commandement de payer, 6 semaines minimum entre l'assignation et l'audience, le délai de jugement, 2 mois après le commandement de quitter les lieux — et la trêve hivernale (1er novembre au 31 mars) qui suspend les expulsions. D'où l'importance de réagir dès le premier loyer manqué.

Peut-on souscrire une assurance loyers impayés après un impayé ?

Non. La GLI couvre les locataires entrants dont le dossier est validé, ou les locataires en place à jour de leurs paiements. Un impayé déjà constitué n'est jamais couvert — c'est une protection qui se met en place à la mise en location, pas en cours de sinistre.

La trêve hivernale interdit-elle toute la procédure ?

Non : elle suspend uniquement l'exécution des expulsions du 1er novembre au 31 mars (article L412-6 du CPCE). Les relances, le commandement de payer, l'assignation, l'audience et le jugement continuent normalement pendant cette période — un dossier bien mené n'attend pas le printemps.

Ce guide présente des informations générales à jour du droit en vigueur, sans valeur de conseil juridique ou fiscal personnalisé. Pour une analyse adaptée à votre bien, échangeons.

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